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LES SOIRÉES DU MERCREDI

Présentation des activités 2012 – 2013
Les entretiens avec un psychanalyste, devant un public restreint et choisi, restent un mode de transmission de la clinique particulièrement adapté à la psychanalyse. Il préserve les qualités de l’entretien particulier et la rencontre des corps, condition minimale de l’expérience et du recueil clinique. L’analysant se déplace pour rencontrer son analyste. L’analyste qui souhaite entendre celui dont le parcours l’a conduit dans un lieu de soin, pour s’enseigner de son expérience, va l’y rencontrer. Cette pratique, plus causerie orientée que présentation de cas, est l’occasion de faire surgir des effets de sujet dans le récit d’une histoire individuelle, les effets de la confrontation avec un réel têtu qui jalonne cette histoire. Les participants à la Section clinique Paris-Ile-de-France ont ainsi l’opportunité de partager cette expérience dans cinq lieu institutionnels. La parole en est le seul vecteur, démontrant les solutions ou leurs échecs que des adultes, des adolescents ou des enfants ont été amenés à mettre en œuvre.
Nous revenons cette année à la lecture et au commentaire d’un texte des Ecrits de Lacan, occasion d’une participation plus accentuée des auditeurs par leur propre lecture. La série des interventions du mercredi trouve ainsi avec le fil rouge du texte « La science et la vérité » une plus grande cohérence. Il s’agit d’un texte charnière dans l’enseignement de Lacan et il convoque l’actualité des relations de la science et de la psychanalyse.
L’enseignement théorique n’est pas disjoint de l’enseignement clinique, tant par le travail des cas où un participant propose au commentaire un moment choisi de son expérience clinique, que par les conférences que donnent les enseignants, sous la forme du séminaire théorique. La formule a été éprouvée, bien que modifiée ces deux dernières années. Une unité de temps et d’espace, rue de Navarin, le mercredi permet de participer au groupe clinique de 18 heures à 20 heures suivi par le séminaire théorique. A chaque rendez-vous, deux participants auront préparé une présentation clinique qui sera commenté par les autres et par les enseignants de la soirée.
Les membres du Cercle Uforca, seront invités à animer des groupes de lecture préparant les commentaires ou questions à adresser à l’enseignant qui présente le Séminaire théorique.


1 Le Séminaire théorique du mercredi se déroule rue de Navarin de 20h15 à 22h15 selon un calendrier qui sera communiqué aux inscrits sur le thème La science et la vérité, une actualité à relire. Lecture et commentaire du texte des Écrits de Jacques Lacan se feront à la lumière de l’actualité et des apports de Jacques-Alain Miller.


2 Le séminaire clinique aura lieu le même mercredi de 18h à 20h, selon un calendrier qui sera communiqué aux inscrits.
« La science et la vérité », une actualité à relire
Nous reprenons cette année l’étude systématique d’un texte des Écrits, le dernier dans la série, le plus récent au moment de leur parution en 1966. Rédigé en 1965, il a une place charnière dans son enseignement. Première leçon du Séminaire de cette année-là, « L’objet de la psychanalyse », il paraitra dans le premier numéro des Cahiers pour l’analyse, publié par le Cercle épistémologique de l’ENS, comme indiqué en tête de l’article dans les Écrits. c’est la montée sur la scène d’une nouvelle adresse, au-delà des élèves qui l’avait suivi jusqu’à la naissance de l’École freudienne de Paris. La production écrite ultérieure de Lacan ne sera publiée qu’en 2001 par les soins de Jacques-Alain Miller, dans les Autres écrits.
Ce texte revêt une actualité dans un temps où les attaques contre la psychanalyse, souvent plus invectives que critiques argumentées, prennent souvent appui sur ce qu‘elle ignorerait des progrès de la science. Que la psychanalyse ne revendique plus son statut de science auquel Freud l’avait longtemps promise ne nous épargne pas d’avoir régulièrement à interroger ce qui fonde en raison sa pratique — sa praxis—, dit Lacan, en la distinguant de tout autre type de pratique thérapeutique.
Ce sur quoi opère la psychanalyse, nous dit Lacan, ne peut-être que le sujet de la science, quand celle-ci s’avère définie par la « non-issue de l’effort pour suturer » le sujet. De notre « position de sujet, nous sommes toujours responsables », ce qui exclut pour la position du psychanalyste la tendance de la belle-âme. « Il n’y a pas de science de l’homme parce que l’homme de la science n’existe pas, seulement son sujet ». Ainsi dans ce texte, Lacan donne les raisons de la spécificité de la psychanalyse, non sans avoir fait mention de ce que la science née de la physique, méconnait la magie, la religion, les sciences conjecturales, la logique, la linguistique qui intéresse la psychanalyse. Les références sont nombreuses dans ce textes qu’une lecture « ligne à ligne » permettra de mettre en valeur : Levi-Strauss, Gödel, Jakobson, Hjemslev, Chomsky, Levy-Bruhl, Descartes, Saint-Augustin, Mayer, Cantor, Lénine, Marx.
Si l’incidence de la vérité comme cause dans la science est à reconnaître sous l’aspect de la cause formelle, le psychanalyste ne peut refuser d’en assumer la question. « ...La vérité de la souffrance névrotique, c’est d’avoir la vérité comme cause », et l’analyste ne peut l’ignorer.
La richesse des propositions de Lacan dans ce texte en font une ressource à revisiter et à actualiser pour soutenir la place de la psychanalyse, comme praxis, l’originalité de son approche du réel du monde. La psychanalyse est-elle une science ? Elle est tout d’abord une discipline du réel. La lecture de « La science et la vérité » nous donne des instruments pour asseoir cette orientation.